Aux origines de Diane : L’Artémis arcadienne et la déesse aux serpents de Cnossos

Avant d’aborder la figure traditionnelle antique de Diane (Artémis), nous avons jugé intéressant de traiter  des origines de cette déesse. En effet, lorsque nous tapons « Artémis » sur les moteurs de recherche il nous est possible de tomber -outre sa représentation courante de déesse chasseresse et les nombreux sanctuaires qui lui sont dédiés- sur un article intriguant sur le site de Persée.
Persée est une bibliothèque en ligne en accès libre. Nous pouvons donc y trouver des revues scientifiques françaises en sciences humaines et sociales  numérisés. Cette plateforme gratuite fut créée par le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en 2005 afin de rendre accessible le patrimoine du travail de la recherche française mais aussi d’aujourd’hui. Le portail fut la réponse à une demande grandissante de la communauté des chercheurs, soucieux d’une meilleure diffusion de leur production scientifique.

L’article « L’Artémis arcadienne et la déesse aux serpents de Cnossos » [consulté le 22 mars 2013] de Salomon Reinach publié sur Persée nous informe donc de son interrogation à propos de l’attribution à Artémis, d’une figure postérieur à l’antiquité puisqu’elle date de l’Âge du Bronze égéen. Ce serait la figure « ancestrale » de Diane : La déesse aux serpents.

L’auteur s’appuie sur les récits de Pausanias qui apporteraient des analogies intéressantes quant à la figure d’Artémis arcadienne (de la région de l’Arcadie dans le Péloponnèse). Il en aurait observé une statue dont il ne reste aujourd’hui que des fragments dans le temple de Lycosoura ; temple érigé en l’honneur de la fille de Poséidon, Despoina. Il reconnait alors la figure d’Artémis, tenant d’une main une torche et de l’autre deux serpents et remarqua des attributs qui lui permis de confirmer son identité : le port d’un carquois et la présence d’un chien de chasse assis près d’elle.

Schémas de l’ensemble statuaire de Desponia. De gauche à droite : Artémis, Déméter, Desponia et le Titan Anytos ( Pausanias, Description de la Grèce, Livre VIII: L’Arcadie).

Les pistes diverses qui guidèrent l’auteur sur la voie d’un emprunt iconographique proto-égéen sont la présence de motifs animaliers sur les drapés des déesses -typiquement mycéniens-  mais  surtout les attributs que porte Artémis, renvoyant à la déesse aux serpents de Cnossos découverte par Sir Evans.
Cette déesse cnossienne est l’ancêtre de diverses déesses et portait le nom de Britomartis, Ariane, Artémis et Hécate en Crète. Ses attributs sont la torche et les serpents, attribut que portent l’Artémis arcadienne ce qui la rapproche donc à cette déesse cnossienne. De même elles remplissent les mêmes fonctions : déesses de la fertilité et de la Nature.

Déesse aux serpents de Cnossos, 1600 BC,faïences polychromes, 29,5 cm, Musée de l’Héraklion, Crète

Lorsque l’on recherche ensuite des informations sur cette déesse aux serpents, nous ne tombons que sur des sites traditionnels d’actualités de la recherche archéologique en Crète ou sur des photos de vacanciers qui ont eu la joie de visiter le musée de l’Héraklion, mais rien qui ne peut nous apporter une autre source qu’on l’on puisse confronter à l’avis de Salomon Reinach. Cet article datant de 1906, son opinion reste néanmoins à nuancer. En effet les recherches récentes sur ces déesses aux serpents révélèrent en fait sa fonction de prêtresse et non de déesse. Nous pouvons ainsi espérer de nouvelles recherches à ce sujet afin d’enrichir le débat autour des origines d’Artémis.

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